Points de vue

Corriger le budget pour le progrès suisse

Ruedi Noser
conseiller aux Etats, membre du bureau du Team politique FUTURE

Le budget fédéral doit rester équilibré. Il faut pour cela que la politique fasse des efforts d’économies. Si la Suisse veut bâtir son avenir avec clairvoyance et pas seulement le gérer, elle ne doit toutefois pas économiser au mauvais moment au mauvais endroit. Elle doit trouver la juste mesure.

Dans le budget 2018, le Conseil fédéral prévoit des réductions substantielles dans le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation – ce qui va à l’encontre de la volonté du Parlement, qui avait fait de ce domaine une priorité il y a un an. Nos hautes écoles et nos institutions de recherche jouent un rôle décisif pour que la Suisse ne perde pas sa connexion avec d’autres nations dans le virage numérique. Elles contribuent fortement à ce que notre économie et notre société se préparent aux défis de demain.
 
Les coupes généralisées prévues dans le Domaine FRI compromettent le progrès de la Suisse. Elles remettent aussi en question la mise en oeuvre des objectifs en matière de promotion de la relève, de médecine et de recherche énergétique. La Commission des finances du Conseil des Etats veut corriger le budget 2018 pour que les acteurs FRI ne délaissent pas notre avenir, malgré les montants économisés. Le Parlement peut apporter sa contribution au progrès en réduisant de façon modérée les coupes dans le Domaine FRI.

FRI: des coupes à blanc contre la Suisse

Anita Fetz
conseillère aux Etats, membre du bureau du Team politique FUTURE

Il y a tout juste un an, nous avons fixé au Conseil national et au Conseil des Etats les objectifs que les hautes écoles et les institutions de recherche suisses doivent atteindre d’ici à 2020 pour faire avancer notre pays. Parallèlement, nous avons parlé des moyens financiers dont les acteurs FRI ont besoin pour mettre en oeuvre les mesures qui leur permettront d’atteindre ces objectifs. Le cadre financier du Message FRI 2017-2020 a été augmenté de façon modérée et ces augmentations ont été confirmées par une adaptation du programme de stabilisation 2017-2019.

Or, le Conseil fédéral prévoit à présent une croissance presque nulle pour 2018: environ 220 millions de francs seront économisés dans le domaine de la formation et de la recherche. D’autres vagues d’éco no mies ont été annoncées
pour les deux années suivantes, de telle sorte que les investissements dans le pôle scientifique suisse et dans la formation de notre relève seront réduits de plus de 600 millions de francs pendant cette période. Sachant que la Confédération a déjà pu économiser une somme équivalente dans le domaine de la recherche internationale ces trois dernières années, ces coupes tombent comme un coup de mas sue dans le Domaine FRI. Nous avons maintenant la responsabilité, au Parlement, de corriger le budget 2018 et de renforcer la place scientifique suisse.

Clore le débat sur le renchérissement

Thomas Weibel
conseiller national, membre du Team politique FUTURE

C’est un vieux dossier que l’on remet sur la table à chaque fois que les prévisions ne se réalisent pas: la compensation du renchérissement dans les dépenses publiques. Le Parlement a jusqu’à présent fixé la compensation du renchérissement sur la base de prévisions. Ces dernières années, toutefois, le renchérissement a été moins levé que prévu, ce qui a occasionné des dépenses supplémentaires dans différents créditscadres et crédits d’engagement. Le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI), entre autres, en a bénéficié. Pour l’heure, la question reste ouverte de savoir si la Confédération va exiger que ces montants soient recouvrés au cours des années à venir.

Le Conseil national et le Conseil des Etats s’accordent sur le fait que les éternels débats sur la compensation du renchérissement doivent cesser. Ce printemps, les  hambres fédérales ont approuvé une motion qui charge le Conseil fédéral de changer le système: à l’avenir, le renchérissement ne devrait être compensé que s’il a  ffectivement lieu. 

Il reste à clarifier si les dépenses supplémentaires de ces dernières années doivent être compensées. Pour répondre à cette question, il faudra d’abord dire s’il est justifié de compromettre la sécurité de planification des investissements dans le domaine de la formation et de la recherche en Suisse avec de vastes corrections du renchérissement.

La jeunesse mérite mieux que le transitoire

Mathias Reynard
conseiller national, membre du Team politique FUTURE

Avec le message sur Erasmus+, nous définirons cette année les tenants de la mobilité des jeunes pour les trois ans à venir. Après le gel des négociations sur l’association au programme européen en 2014, la Suisse a établi une solution transitoire. Cette solution a des faiblesses: les hautes écoles suisses négocient chaque contrat individuellement – plus de 400 pour l’Université de Zurich, la mobilité des étudiants est mieux soutenue que celle des apprentis et la Suisse est largement exclue des projets de coopération. Elle n’est donc pas la panacée pour la jeunesse, qui doit être encouragée à se tourner vers la mobilité.

Les voyages sont formateurs, car ils nous poussent à «frotter et limer notre cervelle contre celle d’autrui». Cette pensée de l’érudit français Montaigne est toujours d’actualité. En plus des capacités linguistiques, les séjours Erasmus développent la tolérance, la curiosité et la confiance en soi des jeunes, ainsi que leur capacité à prendre des décisions et à résoudre des problèmes. Ce sont de vrais atouts pour le monde du travail.

Voilà trois ans que les étudiants, les apprentis, les enseignants et les organisations de jeunesse et de sport sont dans l’incertitude du transitoire. Maintenant que la Suisse a réintégré Horizon 2020, il est grand temps d’assurer aussi la pleine participation de la Suisse à Erasmus+.