Points de vue

Pour toute la jeunesse !

Johanna Gapany
Conseillère aux Etats, membre du Team politique FUTURE

La Suisse a l’opportunité de se réassocier à Erasmus+ dès 2027. Le crédit-cadre pour la participation de la Suisse à ce programme de l’UE pour l’éducation et la formation, la jeunesse et le sport, est à l’ordre du jour du Conseil des Etats durant la session d’automne, dans le cadre du paquet des «Bilatérales III».

La Suisse n’est plus associée à Erasmus depuis 2014. Entretemps, le programme a changé d’ampleur et de visage. Il ne se limite plus à la mobilité de nos étudiants, mais couvre les besoins de l’ensemble de la jeunesse. Il propose des financements à toutes les organisations du domaine, des mouvements scouts aux organisations sportives et culturelles, en passant par les écoles professionnelles.

La participation à Erasmus+ nécessite un crédit d’engagement de 192 millions de francs pour 2027, soit un financement additionnel de 147 mios. Le montant reflète l’écart entre la solution suisse, focalisée sur la mobilité d’un petit nombre, et Erasmus+, ouvert au plus grand nombre. Cet argent nous reviendra sous la forme de nouveaux financements et de coopérations qui profiteront à la jeunesse helvétique.

Erasmus+ est un investissement dans l’avenir. Dans un monde toujours plus incertain, il nous revient de renforcer la capacité d’adaptation de nos jeunes et de mieux soutenir les personnes et les organisations qui ont la charge d’accompagner leur épanouissement. Erasmus+ est le plus grand programme au monde dans ce domaine. Le Royaume-Uni ne s’y est pas trompé, lui qui a récemment décidé de se réassocier et de débourser un montant de 570 millions de livres sterling pour l’année 2027.

Davantage de sécurité grâce à la recherche et à l’innovation

Andrea Gmür-Schönenberger
Conseillère aux États, membre du bureau du Team politique FUTURE

Il y a bientôt un an, le Conseil fédéral a approuvé sa stratégie en matière de politique d’armement, qui prévoit d’augmenter les investissements dans la recherche et l’innovation liés à la sécurité. D’ici à 2030, le DDPS devra porter à 2% la part du budget de l’armée consacrée à ce domaine. Afin de mieux exploiter le potentiel technologique disponible en Suisse pour l’armée, la collaboration avec les hautes écoles suisses, les start-up et les PME doit être intensifiée. Concrètement, le DDPS devra mettre en place, d’ici fin 2028, une coopération nouvelle avec le domaine des EPF afin de mieux exploiter les synergies en matière de recherche et d’innovation dans les domaines civil, militaire et à double usage.

En mars, le Conseil des Etats a soutenu une motion demandant la mise en place d’un programme destiné à promouvoir l’innovation dans le domaine de la sécurité. Dès le mois de mai, le DDPS et le domaine des EPF lancent de nouveaux projets de recherche communs. En juillet, Innosuisse et armasuisse publieront un appel à projets sur les technologies à double usage. Cela démontre que la situation géopolitique actuelle impose d’agir sans attendre.
 
Le Conseil fédéral doit tenir compte de cette évolution lors de l’élaboration du message FRI pour les années 2029-2032. D’une part, il convient d'intégrer le domaine de la sécurité et de la défense dans les objectifs de fond. D’autre part, les hautes écoles et les organisations de promotion de la recherche et de l’innovation doivent être dotées des moyens financiers nécessaires. Il s’agit d’un investissement dans la sécurité de notre pays qui renforce également notre autonomie technologique et notre compétitivité.

Oui au programme d’allégement et à un pôle FRI stable

Dominik Blunschy
Conseiller national, membre du Team politique FUTURE

Le programme d’allégement budgétaire (PAB27) que nous adopterons lors de la session de mars est absolument nécessaire compte tenu de la pression qui pèse sur le budget fédéral. Tous les domaines doivent contribuer à le stabiliser. Il est toutefois important de faire preuve de discernement dans la mise en oeuvre des mesures d’économie, et de ne pas pénaliser de manière disproportionnée les domaines essentiels pour l’avenir de notre pays.

Entre 2012 et 2024, les investissements de la Confédération dans le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI) ont augmenté en moyenne de 1,9% par an, alors que les dépenses fédérales ont augmenté de 2,6% par an. Dans le même temps, nos excellents établissements de formation ainsi que les actrices et les acteurs de la recherche et de l’innovation ont contribué de manière significative à notre croissance économique, qui est désormais ralentie en raison des incertitudes internationales.
 
Dans ce contexte, il serait particulièrement inopportun de faire supporter une charge disproportionnée au domaine FRI, qui représente 9,4% du budget fédéral et plus de 15% du PAB27. Le Conseil des Etats en a pris conscience et a procédé, lors de la session d’hiver, à des corrections ciblées, afin que les actrices et les acteurs du domaine FRI en Suisse restent compétitifs et puissent remplir leurs missions au bénéfice de l’économie et de la société. Ces corrections, également recommandées par la CSEC-N et la CdF-N, doivent désormais obtenir une majorité au Conseil national. Sécurisons ainsi à la fois le programme d’allégement budgétaire et notre pôle FRI.